Matera, welcome to the jungle : immersion dans la ville la plus spectaculaire d’Italie

Matera, sans filtre : j’ai failli ne jamais y aller à cause du « tourisme de masse », puis j’y suis retourné deux fois. Voici mes erreurs, les pièges à éviter (chaleur, escaliers, réservations), et pourquoi 2-3 jours, la bonne saison et la gastronomie locale changent tout.

Matera, welcome to the jungle : immersion dans la ville la plus spectaculaire d’Italie

J’ai failli ne jamais mettre les pieds à Matera. C’était il y a trois ans, et je cherchais une destination « authentique » pour un long week-end. Les photos des Sassi me fascinaient, mais un truc me freinait : le mot « tourisme de masse » qui revenait dans tous les articles. Et puis un ami m’a balancé : « Arrête de te plaindre, tu vas à Matera, point. » Il avait raison. Et devinez quoi ? J’y suis retourné deux fois depuis.

Si vous tapez « matera welcome to the jungle » sur Google, vous tombez sur des guides qui parlent de la ville comme d’un décor de cinéma. Mais personne ne vous dit comment gérer la chaleur écrasante d’août, les escaliers qui tuent les mollets, ou pourquoi il faut absolument réserver certains restaurants trois semaines à l’avance. C’est ce que je vais vous raconter ici : Matera, sans filtre, avec les erreurs que j’ai commises pour que vous ne les fassiez pas.

Points clés à retenir

  • Matera n’est pas un musée à ciel ouvert : c’est une ville vivante, avec des habitants qui ont des avis tranchés sur le tourisme.
  • La meilleure période pour y aller, c’est avril-mai ou septembre-octobre : les températures sont clémentes et les foules bien plus raisonnables.
  • Les Sassi se visitent deux fois : le jour pour la lumière, la nuit pour l’ambiance. Les deux expériences sont radicalement différentes.
  • La gastronomie lucanienne est sous-cotée : le pain de Matera, les orecchiette al ragù bianco et l’aglianico du Vulture valent à eux seuls le voyage.
  • Prévoyez 2 à 3 jours minimum : une journée ne suffit pas, et vous le regretteriez.
  • Le logement dans les Sassi : magnifique mais exigeant (escaliers, humidité, isolation phonique). Choisissez selon vos priorités.

Pourquoi Matera est-elle devenue la coqueluche des voyageurs ?

Franchement, il y a vingt ans, personne ne voulait aller à Matera. La ville était un symbole de misère, les Sassi étaient des taudis insalubres, et les habitants étaient relogés de force dans les années 1950. Puis quelque chose a changé. En 1993, l’UNESCO a classé les Sassi au patrimoine mondial. En 2019, Matera est devenue Capitale européenne de la culture. Et là, le décor a basculé.

Le tournage de The Passion of the Christ de Mel Gibson en 2002 n’y est pas pour rien non plus. Et puis il y a eu No Time to Die, le James Bond avec Daniel Craig : une scène de poursuite dans les ruelles des Sassi, et le monde entier a découvert ce décor lunaire. Résultat : les hôtels ont poussé comme des champignons dans les anciennes maisons troglodytes, et les prix ont suivi.

Mais attention. Le succès a un revers. En basse saison, Matera redevient une ville calme, presque provinciale. En haute saison, c’est une machine à touristes avec ses cortèges de groupes et ses selfies aux points de vue iconiques. Mon conseil ? Visez l’entre-deux. La ville est belle toute l’année, mais elle est vraiment vivante quand les touristes ne sont pas là.

Les Sassi en bref : ce qu’il faut savoir avant d’arriver

Les Sassi, ce sont deux quartiers historiques, le Sasso Caveoso et le Sasso Barisano, creusés dans le tuf calcaire. Des maisons empilées les unes sur les autres, des toits qui servent de terrasses aux voisins, des églises rupestres décorées de fresques byzantines. C’est un labyrinthe, et c’est précisément ce qui fait son charme.

Le premier jour, vous allez vous perdre. C’est normal. J’ai mis une bonne demi-journée à comprendre la logique des ruelles, et encore, je me suis trompé deux fois en rentrant à mon hôtel. Mais c’est aussi ça, la beauté du lieu : chaque détour cache une cour, une vue, une porte ancienne. Ne planifiez pas tout. Laissez-vous porter.

Quand y aller : la question que tout le monde se pose

J’ai fait l’erreur d’y aller en août la première fois. Grosse erreur. La température frôlait les 38 °C à l’ombre, et les ruelles en pierre réfléchissaient la chaleur comme un four. Marcher dans les Sassi à midi, c’est une épreuve d’endurance. Les habitants eux-mêmes disparaissent entre 13 h et 17 h. Et les touristes, eux, marchent en sueur avec des bouteilles d’eau qui deviennent tièdes en dix minutes.

Quand y aller : la question que tout le monde se pose

La deuxième fois, c’était en septembre. Quelle différence. Les températures tournaient autour de 25 °C, les terrasses des cafés étaient agréables, et le soir, on pouvait dîner dehors sans transpirer. Si vous avez la liberté de choisir, privilégiez avril, mai, septembre ou octobre. Les prix sont plus bas, les ruelles moins bondées, et la lumière est magnifique.

Haute saison vs basse saison : le vrai comparatif

Critère Haute saison (juin-août) Basse saison (nov-mars) Saison idéale (avril-mai, sept-oct)
Températures Étouffantes (35°C+) Fraîches (5-15°C) Clémentes (18-25°C)
Foules Très denses Quasi inexistantes Modérées
Prix hôtels Maximum (souvent +40%) Mini (parfois -30%) Raisonnables
Ambiance Festive mais bruyante Calme, presque intime Équilibrée
Risques Chaleur, réservations obligatoires Pluie, certains restaurants fermés Peu de risques

Que faire à Matera : mes trois jours types

Si vous n’avez qu’une journée, vous pouvez voir l’essentiel. Mais vous aurez l’impression d’avoir survolé, pas visité. Voici comment j’organise mes séjours maintenant, après avoir testé plusieurs combinaisons.

Que faire à Matera : mes trois jours types

Jour 1 : l’immersion dans les Sassi

Commencez par la Casa Grotta di Vico Solitario, une maison troglodyte reconstituée qui montre comment les familles vivaient avant l’évacuation. C’est sobre, un peu dur parfois, mais ça donne un contexte essentiel. Ensuite, perdez-vous dans le Sasso Caveoso, le plus spectaculaire visuellement. Montez jusqu’à la Cattedrale di Maria Santissima della Bruna, au sommet du Civita, pour une vue panoramique qui justifie à elle seule la montée (les mollets vont chauffer, je préviens).

Le soir, descendez dans le Sasso Barisano pour dîner. L’éclairage des ruelles transforme la pierre en or, et l’ambiance devient presque théâtrale. C’est le moment que je préfère, celui où les groupes sont partis et où la ville respire.

Jour 2 : les églises rupestres et les alentours

Consacrez la matinée aux églises rupestres. La plus connue, la Chiesa di Santa Maria de Idris, est taillée dans la roche et offre une vue imprenable sur le Sasso Caveoso. Mais ne vous limitez pas à celle-là : le parc de la Murgia Materana, de l’autre côté de la Gravina, abrite des centaines d’églises et de fresques. Prévoyez une demi-journée de marche, avec de bonnes chaussures. Et de l’eau. Beaucoup d’eau.

L’après-midi, si vous avez de l’énergie, faites un détour par les Sassi di Matera depuis la Gravina. Le sentier qui longe le ravin offre des perspectives que vous ne verrez pas depuis la ville. C’est aussi là que vous comprendrez pourquoi Matera ressemble à un décor de western : des roches, du soleil, une vallée immense.

Manger à Matera : la gastronomie lucanienne sans clichés

Si vous croyez que l’Italie du Sud se résume à la pizza et aux pâtes à la tomate, vous allez être surpris. La cuisine lucanienne est rustique, généreuse, et profondément liée à la terre. Le pain de Matera, avec sa croûte épaisse et sa mie alvéolée, est tellement réputé qu’il a une appellation IGP. Ne repartez pas sans en avoir acheté un, même si vous devez le transporter dans votre valise.

Manger à Matera : la gastronomie lucanienne sans clichés

Pour les pâtes, oubliez les spaghetti. Essayez les orecchiette al ragù bianco, ces petites oreilles de pâte servies avec une sauce à la viande sans tomate. C’est un plat qui sent l’hiver, le feu de bois et la cuisine de grand-mère. Et pour accompagner, demandez un aglianico del Vulture, un vin rouge puissant produit à quelques kilomètres de là. Il supporte très bien les viandes grillées et les fromages affinés.

Mes adresses testées (et approuvées)

  • Le Botteghe : une institution dans le Sasso Barisano. Cuisine traditionnelle revisitée, service impeccable. Réservez deux semaines à l’avance en haute saison.
  • La Talpa : plus modeste, mais les pâtes fraîches y sont excellentes. Rapport qualité-prix imbattable.
  • Il Cantuccio : pour un déjeuner rapide de produits locaux (charcuteries, fromages, pain). Parfait pour un pique-nique improvisé.
  • Le terrasse du Sextantio : même si vous n’y dormez pas, prenez un verre au coucher du soleil. La vue sur la Gravina est à couper le souffle.

Les erreurs que j’ai faites pour que vous ne les fassiez pas

J’ai accumulé les bêtises lors de mes premiers séjours. Voici les plus importantes, pour que vous les évitiez.

Erreur n°1 : choisir un logement dans les Sassi sans réfléchir

Les hôtels et chambres d’hôtes dans les Sassi sont magnifiques, c’est vrai. Mais ils ont des contraintes que vous ne trouverez pas dans un hôtel classique. Les escaliers sont raides, souvent sans rampe, et les portes sont basses. Si vous avez des problèmes de mobilité ou une grosse valise, vous allez souffrir. Et l’isolation phonique ? Disons que les murs en pierre ne filtrent pas grand-chose. Mon conseil : lisez les avis en cherchant les mots « escalier », « bruit » et « humidité ». Et si vous hésitez entre un logement dans les Sassi et un hôtel en ville, choisissez selon votre priorité : l’ambiance ou le confort.

Erreur n°2 : ne pas réserver les restaurants

La première fois, je suis arrivé un samedi soir sans réservation. Résultat : trois restaurants complets, et un dîner médiocre dans une pizzeria touristique. La deuxième fois, j’ai réservé trois jours à l’avance pour les bonnes adresses. En haute saison, faites-le une semaine à l’avance. Les bonnes tables sont peu nombreuses, et elles se remplissent vite. Une astuce que j’ai apprise d’un habitant : déjeunez à 13 h pile, avant le rush de 14 h, et vous aurez plus de chances d’avoir une table sans réservation.

Erreur n°3 : sous-estimer la chaleur et le dénivelé

Matera est construite sur une colline. Partout, il y a des montées. Ajoutez la chaleur, et vous comprenez pourquoi les habitants ont l’air si détendus : ils ont appris à ne pas se presser. Prévoyez des chaussures confortables, pas des sandales plates qui glissent sur les pavés. Et un chapeau. Et de la crème solaire. La première fois, j’ai fini avec un coup de soleil sur les épaules parce que j’avais sous-estimé l’intensité du soleil réfléchi par la pierre claire.

Matera vous attend (mais pas comme vous l’imaginez)

Matera, ce n’est pas juste une ville à cocher sur une liste. C’est un endroit qui vous prend par surprise, qui vous force à ralentir, à vous perdre, à goûter une cuisine que vous ne connaissiez pas. J’y suis allé trois fois, et j’ai encore envie d’y retourner. Pas pour les monuments, mais pour l’atmosphère : ces ruelles qui sentent le pain chaud, ces vues qui coupent le souffle, ces habitants qui vous racontent comment leur grand-mère vivait dans une grotte.

Alors, si vous hésitez encore, arrêtez. Réservez vos billets. Mais réservez aussi vos restaurants, choisissez bien votre logement, et partez avec des chaussures confortables. Et surtout, laissez-vous surprendre. Matera ne se visite pas, elle se vit. Et si vous cherchez d’autres idées pour organiser votre voyage en Italie, j’ai écrit un guide sur les aspects pratiques de la location qui pourrait vous être utile pour éviter les mauvaises surprises logistiques. Ou peut-être que vous préférez planifier votre prochain projet de rénovation avec un guide complet sur les monte-escaliers ? Chacun ses priorités.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour visiter Matera ?

Deux jours pleins sont le minimum pour voir l’essentiel : les Sassi, les églises rupestres, et prendre le temps de flâner. Trois jours sont idéaux si vous voulez explorer les environs, comme le parc de la Murgia ou les villages voisins. Une seule journée, c’est possible, mais vous passerez plus de temps à marcher qu’à profiter.

Vaut-il mieux dormir dans les Sassi ou en ville ?

Ça dépend de vos priorités. Dormir dans les Sassi, c’est vivre une expérience unique : vous êtes au cœur de l’histoire, avec des vues incroyables. Mais attendez-vous à des escaliers, une isolation phonique limitée et parfois de l’humidité. En ville, vous aurez plus de confort et de calme, mais vous devrez marcher 15-20 minutes pour rejoindre les Sassi. Si vous avez une voiture ou des valises lourdes, choisissez la ville.

Quelle est la meilleure période pour éviter la foule à Matera ?

Les mois d’avril, mai, septembre et octobre offrent le meilleur compromis : des températures agréables et des foules modérées. Novembre à mars est plus calme, mais certains restaurants et hôtels ferment en janvier-février. Juillet et août sont à éviter si vous n’aimez pas la foule et la chaleur.

Peut-on visiter Matera en une journée depuis Naples ou Rome ?

Techniquement, oui, mais c’est épuisant. Comptez environ 1h30 de train depuis Bari, mais 4-5 heures depuis Rome. Vous passerez plus de temps dans les transports que sur place. Si vous venez de loin, prévoyez au moins une nuit sur place. Votre dos et vos mollets vous remercieront.

Matera est-elle une destination chère ?

Comparée à Rome, Venise ou Florence, Matera est encore raisonnable. Les hôtels dans les Sassi sont plus chers que ceux en ville, mais les restaurants restent abordables : comptez 25 à 35 € par personne pour un dîner complet avec du vin. Les prix ont augmenté depuis 2019, mais c’est toujours moins cher que les grandes villes touristiques italiennes.

Hugo Renard

Hugo Renard

Hugo Renard est journaliste spécialisé dans l’habitat et le bricolage. Depuis une dizaine d’années, il couvre les sujets de décoration intérieure, de DIY et d’aménagement sur mesure, ainsi que les aspects techniques de l’électricité et de la plomberie. Son travail consiste à traduire des pratiques professionnelles en conseils accessibles pour les particuliers.

Voir tous les articles →